Le travail de Gwen Case se caractérise par un langage abstrait qui s’articule uniquement autour de la couleur et de la matière. Pas de figuration, pas même de forme reconnaissable. Mais cette simplicité apparente ramène à des questions essentielles.

Le travail de Gwen Case se caractérise par un langage abstrait qui s’articule uniquement autour de la couleur et de la matière. Pas de figuration, pas même de forme reconnaissable. Mais cette simplicité apparente ramène à des questions essentielles. Le travail des couleurs, leur superposition, l’émergence de vibrations mobiles et fluides permettent de construire des tableaux en mouvement autour de zones presque transparentes qui évoquent la musique des sphères, une autre dimension.

Il ne s’agit pas d’une dimension opaque et pleine, mais plutôt d’une bulle d’air transparent. En effet, en même temps qu’il confère de la profondeur, ce travail suggère des creux que révèle l’épaisseur, un espace vide, une vacuité propice à la méditation et où compte seule la perfection du geste, c’est-à-dire un mouvement encore, une énergie.

Cette profondeur est accentuée par le jeu sur la matière. Gwen Case utilise des enduits, multiplie les couches de pigments et de poudre de marbre pour créer des reliefs qui rythment également la toile. On retrouve des spirales qui pourraient s’enrouler à l’infini et renforcent l’effet de profondeur et de mobilité. La temporalité qui résulte du mouvement n’est pas linéaire, mais se creuse dans un instant épais qu’on ne cesse d’explorer. C’est la même chose avec les constructions plus axiales. La matière bouge selon deux axes qui se neutralisent. La toile va dans plusieurs sens et reste pourtant fixe comme une image d’éternité, non pas celle de la mort mais au contraire celle de la transformation. Ainsi, au-delà de l’émotion esthétique, cette tension ramène à une réflexion qui interroge le mouvement, la présence, le temps, et l’inertie, la transparence et la mort.

Bref, c’est un travail ontologique.